Naturellement, on serait tenté de décrire la pyrolyse comme étant
« le brûlage de matières résiduelles en absence d’air». Quoique
non adéquat en termes scientifiques, cette définition comporte tout
de même l’essence du processus, qui est : le chauffage d’un
matériau sous atmosphère contrôlée dans lequel il n’y a pas
suffisamment d’oxygène pour initier une flamme de combustion.
Ainsi, le matériau est fragmenté en substances qui peuvent servir
de combustible. Par exemple, un type de pyrolyse transforme le
charbon en charbon de bois. C’est un exemple de «pyrolyse
lente», ou de carbonisation. La plupart des procédés de pyrolyse
utilisant des matières résiduelles sont des procédés de «pyrolyse
rapide» produisant des liquides pyrolytiques plutôt qu’un
combustible solide.
De façon plus formelle, la pyrolyse conventionnelle est la
dégradation thermique de matériaux carbonés à des températures
se situant entre 400 °C et 800 °C, en absence complète d’oxygène,
ou en quantité tellement réduite que la gazéification n’a pas lieu à
un taux important;
. De tels procédés volatilisent et décomposent
la matière organique par la chaleur et non par le feu, d’où la
confusion éthymologique. En linguistique, il faudrait utiliser le
vocable «thermolyse» (chaleur) plutôt que «pyrolyse» (feu). Mais
l’usage en a décidé autrement. La thermolyse est principalement
rencontrée dans les pays francophones, en France majoritairement.
Lorsqu’une matière résiduelle est brûlée dans un incinérateur
moderne, le produit en ressortant est presque essentiellement de
l’énergie. En pyrolyse, nous obtenons une fraction gazeuse, une
fraction liquide, et un résidu solide, en des proportions variant
selon le type de pyrolyse utilisé et les paramètres réactionnels.
Conséquemment, il s’offre plusieurs possibilités de mise en valeur
de ces produits. Par exemple, une de ces fractions peut être
raffinée en produits recyclables, alors qu’une autre fraction peut
produire de l’énergie. Nous verrons plus loin dans ce rapport
quelques-unes de ces possibilités.